INNOVATION | Des drones transfrontaliers pour mesurer la qualité de l'air

Une campagne de mesure de la qualité de l'air par drone débute ce lundi dans la vallée de la Bruche et entre Strasbourg et Kehl. Cette expérimentation, menée par des instituts Français, Allemand et Suisse, est une première dans le Rhin supérieur.

21 janvier 2019 à 9h11 par Pierre Maurer

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Un des appareils qui sera utilisé par la mission « ATMOVISION »
Crédit : ATMO Grand Est

Cette expérience sera menée du 21 au 24 janvier en plusieurs lieux. Le but des scientifiques est de récolter des données dans des zones habituellement difficiles d'accès et où il est compliqué – et parfois impossible – d'installer des capteurs.

Grâce aux drones, des données pourront être collectées à différentes altitudes et sur des zones spécifiques : relief escarpé, zones industrielles ou au-dessus de l'eau.

De la vallée de la Bruche aux rives du Rhin

Plusieurs emplacements de mesure sont prévus :

Au fond de la vallée de la Bruche. C'est autour de Schirmeck et des communes de Rothau et La Broque se seront réalisées des mesures inédites. Il s'agit d'évaluer la dispersion et les taux de micro-particules émises par des chauffages au bois, très utilisés dans ce secteur.

Le long du Rhin, des deux côtés du fleuve. A hauteur de Strasbourg et Kehl, le vol du drone permettra de mesurer les particules émises par les activités industrielles des deux côtés du Rhin. Deux vols sont programmés, l'un côté Kehl et l'autre côté Port du Rhin

• Afin de valider ces mesures, un vol de référence en parallèle d'une station de mesure fixe sera également réalisé, afin de valider les résultats.

Les drones seront équipés pour réaliser des mesures portant sur les concentrations en particules PM10 et PM2,5. La localisation GPS des relevés, la température, la pression et l'humidité relative seront également enregistrés.

Un partenariat tri-national

Trois entités s'associent pour réaliser cette expérience : l'agence ATMO Grand Est, qui fait figure de référence en Alsace et dans tout l'est de la France, pour son ancienneté et ses campagnes exemplaires. Côté allemand, c'est le Landesanstalt für Umwelt Baden-Württemberg qui a été choisi. Enfin, la Suisse a missionné le LHA (Lufthygienamt beider Basel) pour assister les deux autres instituts.

Le budget, d'un montant de 1,5M€ est échelonné sur 3 ans. L'Union Européenne (grâce aux fonds Interreg) apporte 50% des crédits.

Les données récoltées par cette campagne de mesure permettront, entres autres, de constituer de nouvelles bases de données plus précises sur la dispersion et l'émission des polluants dans le Rhin Supérieur.