ROMAN | "Et la ville sera vide" : un regard romanesque sur le Strasbourg de l'évacuation en 1939

09 octobre 2019 à 11h17

Le premier roman de notre confrère Olivier Claudon, intitulé « Et la ville sera vide », nous plonge dans un passé oublié... Cette enquête politico-historique a pour toile de fond une période toute particulière : celle de l'évacuation de Strasbourg, en septembre 1939

Son livre mêle le destin de deux personnages qu'en apparence tout oppose. Il y a Albert, jeune orphelin vivant au sein de l'orphelinat de Neudorf. Son caractère aventureux va l'amener à ne pas suivre ses copains de dortoir lorsqu'ils sont appelés à quitter la ville. Albert va tout faire pour remonter la piste de ses racines et trouver des informations sur l'identité de ses parents. Ses aventures dans la ville quasi-déserte vont lui faire croiser le chemin d'Hubert Monge.
Cet homme secret est un enquêteur privé agissant pour le compte d'un patron de banque parisien... A deux doigts de perdre le contrôle de son établissement, le dirigeant exige de son homme de main qu'il se rende à Strasbourg, dans une succursale du groupe, pour tenter de localiser et rapatrier un mystérieux stock d'or.

L'intrigue est posée. La toile de fond aussi : une ville qui se vide de ses habitants. Dès le 2 septembre 1939, alors que les militaires s'installent dans les ouvrages de la ligne Maginot, les habitants des communes situées en avant de cette ligne sont évacués vers des centres de regroupement situés dans les Vosges. Le temps presse et la population n'a que quelques heures pour organiser son départ et prendre la route avec 30 kg maximum de bagages par personne. Les premiers convois vers le Sud-Ouest partent dès ce jour.


La ville vidée de ses habitants en septembre 1939
Un agent municipal nourrit des chats. Photo : Archives de Strasbourg

C'est dans cette atmosphère d'une ville vide - et paradoxalement étouffante - qu'Olivier Claudon installe le ballet de ses personnages. La trame narrative ne se cantonne pas qu'à Strasbourg. On passe par les départements du centre-Est et l'on fait aussi des sauts dans l'Algérie de la première moitié du vingtième siècle.

Compte-tenu de l'ancrage historique très fort développé dans l'ouvrage (et dans la collection "L'histoire est un roman"), une postface de l’historien Daniel Fischer permet au lecteur de mieux comprendre le contexte politico-militaire de l'époque. 

  « Et la ville sera vide » d'Olivier Claudon
Editions de La Nuée Bleue, 204 pages, 21 €